Que se passera-t-il à la rentrée scolaire 2026 et dans quelles conditions les élèves vont-ils commencer l'année ? Deux questions qui n'ont pas vraiment de réponses aujourd'hui pour les collèges Boigne à La Motte-Servolex et Combe de Savoie à Albertville. Le Département de Savoie devait initialement investir 68 millions d'euros répartis sur ces deux établissements, mais a finalement annoncé suspendre ces travaux. La collectivité explique une baisse démographique à venir et ne veut pas "construire des collèges vides" en jugeant que de tels travaux dans ces conditions seraient "irresponsables".
Une explication qui a été entendue par l'équipe du collège Combe de Savoie, mais qui n'est pas satisfaisante. Plus de 80% du personnel était en grève fin mai pour dénoncer ce choix. C'est notamment le cas de Yohan Audebert, secrétaire SNES-FSU de l'établissement qui siège aussi en commission départementale. Si sur le principe, il n'est pas contre cette décision en tant que telle, il juge que "les perspectives sont complètement brouillées". Des travaux, au-delà de l'aspect démographique, sont absolument nécessaires selon lui, notamment parce que le collège accueille plus de 700 élèves aujourd'hui pour une capacité supposée de 500 collégiens. Et face à ce surplus, des débordements sont inévitables : "La situation au quotidien est très compliquée sur la gestion des flux des élèves. Il y a des dégradations dans les toilettes alors les agents d'entretien les surveillent, mais ce n'est pas leur mission."
Une rentrée scolaire "dans le flou le plus total"
Enfin, Yohan Audebert juge que trois sujets doivent être rapidement pris en considération. D'abord, comme dans de nombreux établissements scolaires, la chaleur est forte au sein des classes et la "rénovation thermique est indispensable" tandis que l'isolation est aussi pointée du doigt. Autre souci, le bruit. Plusieurs mesures ont été réalisées en intérieur et en extérieur et les instruments ont mesuré 90 décibels dans les couloirs et jusqu'à 120 décibels sous le préau. En comparaison, cela correspond au tonnerre ou à un circuit de Formule 1. Et pour le dernier, le secrétaire SNES-FSU est encore plus alarmant : "Nous sommes exposés à l'amiante tous les jours, élèves comme enseignants. Il y a des salles où des dalles sont absentes, l'amiante est à nu et pas recouverte, les chaises frottent dessus."
S'il devait y avoir des travaux, il faudrait a minima six mois pour programmer un nouveau projet, une reconstruction ou une restructuration. Or, aucune de ces solutions n'a pour l'instant été choisie et la rentrée scolaire se fera "dans le flou le plus total".






