Le projet de Futur Collisionneur circulaire (FCC) du CERN suscite une mobilisation croissante chez les élus locaux du territoire franco-suisse. À moins d’un mois de la clôture du débat public, plus de 80 d’entre eux ont déjà signé une tribune initiée par Jérémie Courlet, maire de Minzier.
Le projet prévoit notamment 91 kilomètres de tunnel et douze années de travaux. Des caractéristiques qui inquiètent les signataires, qui redoutent des conséquences importantes pour leur territoire.
Eau, agriculture, environnement et finances publiques
Dans leur tribune, les élus affirment que les impacts potentiels du FCC pourraient concerner de nombreux domaines : « l’eau, l’agriculture, l’environnement, les infrastructures, la santé et les finances publiques de notre territoire ».
Ils précisent ne pas remettre en cause l’intérêt scientifique du projet. Leur interrogation porte davantage sur sa compatibilité avec les contraintes locales.
« Nous ne remettons pas en cause le caractère scientifique de la plus grande machine du siècle, mais nous nous questionnons sincèrement : “La science peut-elle tout se permettre ?” », écrivent-ils.
Selon les signataires, les tensions déjà existantes dans le bassin de vie, de part et d’autre de la frontière, rendent difficile l’accueil d’un chantier de cette ampleur. Ils estiment ainsi que « notre territoire ne peut accueillir ce projet ».
Des élus demandent davantage de réponses au CERN
La tribune revient également sur les échanges engagés depuis 2022. Les élus affirment attendre depuis cette date des réponses précises du CERN concernant les conséquences du projet pour leurs collectivités.
Ils jugent que, « à ce jour, trop peu d’informations claires, impartiales et indépendantes ont été communiquées ».
Le calendrier du débat public est lui aussi contesté. Les élus dénoncent une procédure qu’ils estiment trop courte au regard des enjeux : « seulement 4 mois, 4 mois en plein été pour décider de l’avenir de notre territoire ».
Ils réclament donc « une véritable co-décision, digne des enjeux » et appellent leurs collègues élus locaux à se saisir à leur tour du dossier.
La démarche est notamment portée par plusieurs élus de Haute-Savoie, de Savoie et de Suisse. Parmi les signataires cités figurent Céline Bartolomucci, députée au Grand Conseil (Ge), Georges Canicatti, maire de Contamine-Sarzin, Jean-François Coulomme, député de la Savoie, Jérémie Courlet, maire de Minzier, Philippe Jacqueson, maire de Chessenaz, et Cédric Jeanneret, député au Grand Conseil Genevois.
Les initiateurs invitent également les citoyens et les acteurs du territoire à s’informer et à rejoindre leur démarche.






