« Ni la colère sociale ni la peur ne doivent conduire à la violence » : le cri d'alarme du maire de Chambéry Thierry Repentin

« Ni la colère sociale ni la peur ne doivent conduire à la violence » : le cri d'alarme du maire de Chambéry Thierry Repentin
Thierry Repentin - La ville de Chambéry

Au sortir d'un week-end sous haute tension, marqué par les débordements de la mobilisation du 24 octobre à Chambéry et le choc de l'attentat raciste de Trappes, Thierry Repentin a tenu à prendre la parole ce mardi 27 octobre.

Interrogé sur les vives tensions qui ont une nouvelle fois secoué le centre-ville savoyard samedi dernier, Thierry Repentin ne cache pas une certaine amertume face aux décisions administratives de fermeture.

« La liberté de manifester est un droit fondamental de notre démocratie. C'est par elle que nos concitoyens peuvent exprimer collectivement leurs revendications et parfois leurs inquiétudes. Les interdictions de manifester décidées pour la journée de samedi dans de nombreuses villes de France suscitent donc mon incompréhension », martèle l'élu.

Si le maire salue des revendications « légitimes » sur le pouvoir d'achat ou le mouvement lycéen rappelant au passage qu'il avait lui-même reçu les jeunes Chambériens le 13 octobre, il condamne fermement les scènes de casse et les blocages qui ont émaillé la journée. 

Tout en remerciant les forces de l'ordre pour leur engagement, il s'inquiète des dégâts économiques collatéraux :

« De nombreux Chambériens ont évité le centre-ville samedi, par crainte des violences. Ce sont nos commerçants qui en subissent les conséquences […]. Nous voulons un centre-ville attractif et dynamique : cela suppose que le calme revienne ».

« L'engrenage dangereux de la haine »

Mais c'est sur le terrain national et le tragique attentat commis le vendredi 23 octobre dans les Yvelines que le premier édile chambérien a adressé son message le plus politique et le plus grave. Revenant sur la mort de Pengo Bossio Wangi, abattu en pleine rue par un tireur ciblant des victimes en raison de leur couleur de peau, Thierry Repentin dénonce un « acte raciste insupportable » nourri par un climat de polarisation extrême.

« Cet attentat montre jusqu'où peut conduire l'engrenage des violences […]. Cet acte est nourri par une idéologie raciste et d'extrême droite, et par un climat de banalisation du racisme. Ces thèses désignent des boucs émissaires et cherchent à dresser les Français les uns contre les autres. Ceux qui banalisent ainsi le racisme portent une lourde responsabilité », avertit-il.

Face aux divisions qui guettent la société française, le maire de Chambéry refuse de céder au fatalisme ou à l'escalade verbale. Pour lui, le cap doit rester institutionnel et humain.

« À Chambéry comme partout en France, ni la colère sociale ni la peur ne doivent conduire à la violence ou à la haine de l'autre », conclut Thierry Repentin. « Notre réponse doit rester celle du dialogue, de la justice sociale et du respect de chacun : ça n'est pas un vœu pieu mais l'expression d'une volonté politique républicaine ».