Pour ce troisième samedi consécutif, les manifestations auront lieu dans toute la France et Annecy n'y échappe pas. Le 17 octobre est encore dans la tête de bon nombre de commerçants qui craignent qu'une situation comme celle-ci ne se reproduise. Et parmi les premiers concernés, les restaurateurs qui font face à des samedis timides depuis le début du mouvement. "Il y a une baisse de fréquentation et ça se voit. Le samedi est en général une grosse journée pour tout le monde", déplore Martin Gauthier, gérant du Lilas Rose dans le vieil Annecy. Sur les deux week-ends, son établissement a connu une baisse d'activité de 30% à 40% et a fait face la semaine dernière à des annulations ainsi qu'à des appels de touristes et clients qui veulent avoir des renseignements sur la situation. Pour le gérant, c'est quasiment une première : "Je travaille sur Annecy depuis longtemps et c'est du jamais vu à part les cas exceptionnels comme le Covid." Face à cela, il se retrouve même à faire de meilleures recettes en semaine que le samedi, "c'est assez exceptionnel" déclare Martin Gauthier.
Perte de 50% du chiffre d'affaires
Cette situation est partagée par un autre restaurateur, Arnaud Leguedard, gérant du Café de la Poste. Son établissement avait été contraint de fermer le 17 octobre, ce qui lui a causé une baisse de 50% de son chiffre d'affaires sur la journée. Et si les manifestations doivent se poursuivre avec la même intensité, il craint pour l'avenir : "On va rester ouvert quoi qu'il arrive, essayer de sauver notre chiffre d'affaires. J'ai une équipe qui est au complet, mais si ça continue comme ça, je vais devoir prendre des décisions qui ne sont pas faciles à prendre malheureusement." Malgré tout, lui comme Martin Gauthier restent assez optimistes grâce aux mesures de la préfecture qui ont permis la semaine dernière d'avoir un "week-end moins chaotique que le premier" d'après le gérant du Lilas Rose.
"Même si les casseurs avaient à venir, on a le temps d'anticiper"
Mais les restaurants ne sont pas les seuls concernés. Dans le vieil Annecy toujours, le magasin Roche Bobois avait été fermé le premier samedi. La semaine dernière, une barricade avait été posée et le rez-de-chaussée du magasin était toujours fermé, mais l'établissement restait ouvert. Sur deux week-ends, Maryse Dobbelaere, responsable du magasin, estime sa perte de 100 000 euros de chiffre d'affaires. Ce qui est d'autant plus embêtant selon elle "à l'approche des jours exceptionnels, c'est ça le stress". Mais avec les mesures mises en place, elle se dit plutôt confiante vis-à-vis de ce samedi : "Je serai plus sereine, je laisserai les portes ouvertes. J'ai vu l'action des commerçants de la ville, le groupe WhatsApp avec les forces de l'ordre présentes aussi sur le groupe." Ce dernier a vu le jour la semaine dernière, incluant également la Ville d'Annecy et la préfecture de Haute-Savoie pour pouvoir rapidement prévenir de possibles débordements. "Même si les casseurs avaient à venir, on a le temps d'anticiper et de s'entraider", conclut Maryse Dobbelaere.






