Protéger les éleveurs face aux loups : "Nous reconnaissons enfin les réalités du terrain"

Protéger les éleveurs face aux loups : "Nous reconnaissons enfin les réalités du terrain"

L’Assemblée nationale a adopté l’article 14 consacré à la gestion du loup, dont le député haut-savoyard Xavier Roseren était rapporteur.

Ce texte marque, selon lui, une évolution importante pour les territoires de montagne confrontés à la prédation. Le dispositif adopté prévoit plusieurs mesures destinées à renforcer la protection des éleveurs tout en maintenant un objectif de conservation favorable de l’espèce. Il comprend notamment la sécurisation des tirs de défense, la reconnaissance de zones difficiles à protéger, l’usage possible d’équipements thermiques pour le tir de nuit, ainsi que des évolutions du cadre applicable aux lieutenants de louveterie.

"Pendant trop longtemps, nos éleveurs ont eu le sentiment d’être laissés seuls face à la prédation. Ce texte marque un changement clair : nous reconnaissons enfin les réalités du terrain", déclare Xavier Roseren. Le rapporteur a porté plusieurs amendements visant à adapter le droit aux contraintes spécifiques des zones de montagne. Parmi les mesures mises en avant figurent la reconnaissance des zones difficilement protégeables, permettant l’accès aux tirs de défense sans condition liée à des dispositifs jugés inadaptés, ainsi qu’une simplification des constats de dommages, désormais réalisables par les éleveurs eux-mêmes via un signalement électronique transmis aux services de l’État.

"Voter contre, c'était choisir le confort juridique"

Le texte prévoit également l’autorisation de l’usage de lunettes de tir à vision nocturne et thermique pour des chasseurs formés par l'office français de la biodiversité (OFB) et ayant participé à des opérations encadrées par des lieutenants de louveterie, dans un contexte où les attaques ont lieu principalement de nuit. Le rapporteur défend par ailleurs un cadre qu’il qualifie de pragmatique. "Nous avions besoin de règles applicables, et construites avec ceux qui vivent et travaillent sur le terrain, c’est chose faite. Voter contre cet article, c'était choisir le confort juridique d'une espèce sur la survie économique et humaine de nos éleveurs. Aujourd’hui, l'Assemblée nationale a choisi les éleveurs", conclut Xavier Roseren dans son communiqué.