Le tribunal correctionnel de Chambéry a prononcé jeudi une lourde condamnation à l’encontre d’un couple accusé d’avoir infligé des maltraitances répétées à ses deux jeunes filles. Les parents, âgés de 44 et 38 ans, écopent chacun de quatre ans de prison, dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Une peine accompagnée d’un mandat de dépôt différé, ce qui signifie qu’ils devront prochainement être incarcérés.
Les faits reprochés couvrent plusieurs années. La justice a retenu des violences exercées sur la plus jeune enfant entre 2022 et 2023, alors qu’elle n’avait que 4 ans, ainsi que sur sa sœur aînée, âgée de 8 ans à l’époque.
Lors de l’audience, les magistrats ont retracé un quotidien marqué par des violences particulièrement lourdes. Selon les accusations retenues, les deux fillettes auraient subi humiliations, violences physiques et punitions dégradantes.
Les enfants auraient notamment été tondues et contraintes de rester nues sur un balcon. La plus jeune, souffrant d’un handicap qui limitait sa parole, aurait aussi été enfermée dans un lave-linge, blessée à la tête avec une perceuse et régulièrement dévalorisée verbalement.
L’aînée, placée très jeune par les services de protection de l’enfance avant un retour temporaire dans son foyer familial, avait alerté sa famille d’accueil sur les violences. Des photographies produites au dossier montraient une dégradation importante de son état physique, avec notamment une pelade.
Face aux juges, le couple, sans passé judiciaire, a nié l’ensemble des faits. Les parents ont avancé différentes explications, évoquant notamment un supposé harcèlement scolaire ou des violences qui auraient été commises dans la famille d’accueil de l’aînée.
Des arguments qui n’ont pas convaincu le tribunal. En plus de la peine de prison, les deux parents ont été déchus de leur autorité parentale et auront interdiction d’entrer en contact avec leurs filles pendant trois ans après leur sortie de détention.
Les deux enfants, aujourd’hui âgées de 7 et 11 ans, sont désormais pupilles de l’État. Le couple, qui doit être écroué le 24 juin, a décidé de faire appel du jugement.






