Vendetta familiale en Savoie : sept personnes jugées pour l'enlèvement d'un adolescent soupçonné de viol

Vendetta familiale en Savoie : sept personnes jugées pour l'enlèvement d'un adolescent soupçonné de viol

Le tribunal correctionnel de Chambéry a condamné vendredi 3 juillet sept membres d'un même groupe, dont la mère de l'un des accusés, pour avoir kidnappé et humilié un mineur de 17 ans en avril 2024, en représailles d'un viol présumé dénoncé par la sœur du meneur.

Tout part d'une confidence : une jeune fille affirme avoir été violée et désigne son agresseur présumé, une plainte encore en cours d'instruction. Son frère, présenté par le parquet comme l'organisateur, mobilise alors plusieurs proches via une messagerie privée pour venger sa sœur.

Le 26 avril 2024, cinq jeunes cagoulés partent en fourgon aux plaques maquillées jusqu'à la Bridoire, en Savoie, où un complice leur avait vendu l'adresse de la victime pour 100 euros. Ils l'interceptent, le brutalisent et lui enfoncent le canon d'une arme factice dans la bouche, avant de l'emmener près d'un bois à Saint-Franc. Là, ils le forcent à se déshabiller et à fuir en courant, puis brûlent ses vêtements avant d'aller manger dans un fast-food.

Les gendarmes identifient rapidement les auteurs grâce à des témoignages. L'enquête révèle aussi le rôle de la mère du meneur, accusée d'avoir gardé les téléphones du groupe au moment des faits, un geste qu'elle justifie par le choc des révélations de sa fille et son instinct de protection envers son fils.

À l'audience, les prévenus ont affirmé avoir voulu uniquement intimider la victime. Son avocat a évoqué la peur provoquée par l'arme, tandis que la défense a rappelé la présomption d'innocence du jeune homme dans l'affaire de viol, estimant que ce contexte expliquait le passage à l'acte sans le justifier.

Le tribunal a prononcé des peines plus lourdes que celles requises, avec des condamnations allant de quelques mois avec sursis à des peines de prison partiellement ferme pour les principaux prévenus. Les sept condamnés devront également indemniser solidairement la victime à hauteur de 8 000 euros.