Grêle en Haute-Savoie : des exploitations agricoles ravagées en 45 minutes dans le Genevois

Grêle en Haute-Savoie : des exploitations agricoles ravagées en 45 minutes dans le Genevois
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Un violent épisode de grêle a frappé plusieurs communes du Genevois le 3 août. Maraîchage détruit, maïs haché, vergers touchés et serres perforées : les organisations agricoles évoquent des pertes pouvant atteindre 100 % dans certaines exploitations et réclament des mesures d’accompagnement.

Il aura suffi de moins d’une heure pour anéantir des mois de travail.

Le lundi 3 août en fin de journée, un violent épisode de grêle s’est abattu sur Cercier, Minzier, Chavannaz, Jonzier-Épagny, Contamine-Sarzin et plusieurs communes voisines du Genevois.

Dans un communiqué commun, la FDSEA des Savoie, les Jeunes Agriculteurs de Haute-Savoie et le Syndicat des Fruits de Savoie dressent un bilan particulièrement lourd pour les exploitations agricoles du secteur.

Jusqu’à 100 % de pertes chez certains maraîchers

Choux, fenouils, carottes ou encore tomates ont été frappés de plein fouet par les grêlons. Selon les organisations professionnelles, certains maraîchers auraient perdu l’intégralité de leur production.

La période de l’année rend la situation encore plus compliquée : il serait désormais trop tard pour replanter et espérer une nouvelle récolte avant l’hiver, d’autant que la sécheresse complique déjà les conditions de production.
Les agriculteurs concernés avaient par ailleurs engagé d’importantes dépenses pour l’irrigation, les semences, les plants, l’énergie et la main-d’œuvre.

"Une année entière de charges pour aucun résultat. Certains ont tout perdu en moins de 45 minutes", résument les organisations agricoles.

Les dégâts ne se limitent pas au maraîchage. Dans les champs de maïs, des feuilles ont été arrachées, des tiges éclatées et des épis endommagés. Certaines parcelles donnent, selon les syndicats, l’impression d’avoir été fauchées. Au-delà de la récolte, les pertes pourraient aussi affecter les réserves de fourrage destinées aux animaux.
Dans les vergers dépourvus de filets paragrêle, certaines récoltes auraient été totalement détruites. Les impacts ont également blessé les arbres, avec des conséquences possibles sur la production de 2027.

Les protections ont toutefois montré une certaine efficacité. Les filets paragrêle ont permis de limiter une grande partie des dommages, même si la violence de l’orage les a parfois plaqués contre les arbres, laissant les grêlons atteindre les fruits.

Les syndicats agricoles réclament une aide exceptionnelle

Face à l’ampleur des dégâts, la FDSEA des Savoie, les JA 74 et le Syndicat des Fruits de Savoie demandent désormais une évaluation rapide des pertes et l’activation des dispositifs d’accompagnement. Ils réclament également une réforme du système d’assurance agricole, qu’ils jugent insuffisant face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.

"Nous ne pouvons pas laisser des épisodes d’une telle violence détruire des exploitations entières sans mettre en place un accompagnement exceptionnel", insistent-ils. Pour les représentants agricoles, le constat est sans précédent dans le secteur : "un tel épisode de grêle, c’est du jamais-vu".