La pétition n’aura pas débouché sur le débat espéré à l’Assemblée nationale. Ses initiateurs veulent désormais porter la contestation dans la rue. Samedi 19 septembre à 17 heures, un rassemblement est annoncé place de Genève, à Chambéry, contre la proposition de loi instaurant une « présomption d’usage légitime de l’arme ».
Dans leur appel, les organisateurs dénoncent la clôture de la pétition après qu’elle a dépassé le seuil de 730 000 signatures. Ils estiment que le refus d’ouvrir un débat parlementaire constitue un choix politique et entendent faire de la manifestation un nouveau temps fort de la mobilisation.
« Un seuil vient d’être franchi »
Pour les organisations mobilisées, l’enjeu dépasse le seul contenu de la proposition de loi. Elles y voient une évolution plus profonde de l’encadrement de l’usage de la force par l’État.
Le texte dénonce notamment le passage d’une « présomption de légitime défense » à une « présomption d’usage légitime de l’arme ». Une évolution que les signataires considèrent comme une remise en cause du rôle du droit dans le contrôle de l’usage de la force létale.
Le tract avance également un chiffre : au moins 35 occupants de véhicules auraient été tués depuis 2017 lors de tirs policiers intervenus à l’occasion de refus d’obtempérer, depuis l’entrée en vigueur de l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure. Les organisateurs estiment que cette situation fait de la France une exception européenne et regrettent l’absence, selon eux, de remise en question.
Une mobilisation qui veut dépasser les clivages
Le mouvement entend rassembler largement. Parmi les participants et soutiens cités figurent des familles de victimes, associations, syndicats, ONG, juristes, magistrats, universitaires, artistes et citoyens. Tous sont présentés comme partageant une même inquiétude face à ce que les organisateurs considèrent comme un recul du contrôle du droit sur l’usage de la force létale.
En Savoie, plusieurs organisations ont déjà annoncé leur soutien à l'appel : ATTAC Savoie, la CGT Chambéry, la FSU, la Ligue des droits de l’Homme, LFI Savoie, le NPA, Révolution Permanente, mais aussi plusieurs collectifs et organisations locales.
Du débat parlementaire à la rue
Pour les organisateurs, la manifestation constitue donc la suite logique d’une mobilisation commencée avec la pétition. Leur message est résumé en une formule : « Une pétition mesure une indignation. Une marche construit un rapport de force. »
Le rendez-vous est fixé samedi 19 septembre à 17 heures, place de Genève à Chambéry. L'objectif affiché est désormais de faire entendre dans la rue le débat que les organisateurs estiment ne pas avoir pu faire vivre au Parlement.






