C'est à la Pentecôte que la situation a pris une tournure particulière. Avec cette année 2026 très chaude et un été qui a commencé bien plus tôt que prévu, le lac est devenu un site incontournable pour se rafraîchir. Mais qui dit beaucoup de monde, dit parfois incivilités et débordements. Et dans ce cadre, un collectif a vu le jour, "Ma vie au lac d'Aiguebelette". La pétition, dénonçant "stationnements sauvages, bouchons, dépôts sauvages d'ordures, pollution de l'eau, dégradations matérielles, vols, intrusions chez le riverain" a depuis recueilli plus de 6200 signatures.
"Ce n'est pas nuire au tourisme, c'est justement donner un tourisme de bonne qualité"
Plusieurs membres du collectif l'expliquent justement : "Les locaux sont dépassés par les événements, entre agressions, rixes et rodéos." Et une autre problématique arrive ensuite, celle de la pollution. Le collectif a pu prendre plusieurs photos et vidéos de déchets visibles sur la plage du Pré-Argent, décrite comme dans un "état pitoyable" par le collectif. Payante la journée durant l'été de 10h à 19h avec un service de nettoyage uniquement réalisé en matinée, "Ma vie au lac d'Aiguebelette" déplore que le nettoyage ne soit pas effectuée sur d'autres créneaux pour le public qui venait le soir.
Ce nettoyage est à l'origine soumis à différentes délégations. Mais cet été, et face au tollé lié à cette situation, la mairie de Novalaise a repris cette tâche en main. Cependant, cette dernière ne passe donc sur les plages que le matin et pour le collectif, d'est toujours insuffisant. "La gestion des déchets, quand les plages sont fermées, c'est le minimum syndical" déclare Marjorie Perrault, membre du collectif en ajoutant: "On attend un drame pour agir ? C'est déjà miraculeux qu'il n'y en ait pas eu."
Le but premier du groupement est donc de "montrer la réalité" et de "faire en sorte que les choses bougent". En réaction, les deux femmes espèrent des mesures fortes : "Ce qui dégrade vraiment, c'est le manque d'efficacité des mesures et d'anticipation et le comportement de certains usagers." Pour autant, elles insistent pour défendre le tourisme au lac, mais "il faut faire en sorte que chacun puisse accéder au lac dans de bonnes conditions, et pour l'instant, ce n'est pas le cas", déclare Marjorie Perrault. En défendant ce tourisme "dans de bonnes conditions", elle propose par exemple des amendes si besoin face aux incivilités : "Ce n'est pas nuire au tourisme, c'est justement donner un tourisme de bonne qualité." Par ailleurs, la communication devrait aussi être essentielle selon le collectif pour rappeler que le lac est en période de réserve et qu'il doit donc être protégé.
Ces mesures, c'est la Communauté de communes du lac d'Aiguebelette (CCLA) qui est en position pour les prendre. Cette dernière n'aurait cependant donné aucune réponse au collectif à la suite de la pétition mise en ligne.
Demande de réunion publique
Pour tenter d'avancer, Magali David et Marjorie Perrault demandent une réunion publique avec les collectivités. Mais elles déplorent un silence de la part des élus. Nous avons contacté de notre côté le président de la CCLA, Pascal Zucchero, qui n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet, déclarant seulement qu'une réunion publique est prévue en octobre. Mais cette dernière serait plutôt un bilan de saison qu'un véritable point sur le sujet. Le collectif attend, de fait, une date dédiée.






