Miss Ronde Auvergne-Rhône-Alpes : la revanche de Tess, élue à Bonneville

Miss Ronde Auvergne-Rhône-Alpes : la revanche de Tess, élue à Bonneville
Tess Saint-Lager Miss Ronde Auvergne Rhône-Alpes 2026 - DR

À 30 ans, Tess a été couronnée Miss Ronde Auvergne-Rhône-Alpes le 30 mai dernier depuis Bonneville. Après avoir pris plus de 50 kilos à la suite d'un deuil, la Haut-Savoyarde transforme cette épreuve en revanche personnelle et prépare désormais le concours national avec un message axé sur l'autotolérance.

Il y a un an, Tess n'aurait jamais imaginé porter une écharpe et une couronne. Le 30 mai 2026, elle est pourtant élue Miss Ronde Auvergne-Rhône-Alpes, à l'issue d'une élection un peu à part, organisée en visioconférence faute de comité régional en Haute-Savoie. À 30 ans, cette habitante de Bonneville porte ce titre comme une revanche : celle d'avoir traversé plus de 50 kilos de prise de poids, après le décès d'un proche qui a bouleversé sa vie.

Tout commence en février 2026, avec une inscription au concours, puis des photos envoyées sur différents thèmes. Depuis son sacre, son quotidien a basculé côté réseaux sociaux : réels et stories s'enchaînent pour faire connaître l'association derrière le concours, la Fédération des femmes rondes et glamour. Mais le vrai changement, dit-elle, se joue ailleurs, dans la confiance retrouvée et le soutien de son entourage.

 

L'élection nationale en ligne de mire

Pas le temps de souffler : direction le concours national. Il faut encore attendre que la Normandie et l'Île-de-France élisent leurs représentantes avant que l'aventure démarre vraiment. Loin des projecteurs, la candidate enchaîne les entraînements : apprendre à marcher en talons, parler en public sans stresser et préparer ses tenues, sa coiffure et son maquillage.

 "C'est le plus gros du travail, apprendre à défiler avec des talons, avec une posture et une aisance pour être sur scène ce jour-là", lâche-t-elle, presque en riant.

Derrière l'entraînement physique, il y a surtout une idée qui la pousse : monter sur cette scène pour prouver que n'importe quelle femme, même celle qui se croit la plus ordinaire, peut vivre une aventure extraordinaire.

 

La tolérance, son mantra

On lui a souvent fait la remarque : ces concours par morphologie, n'est-ce pas une façon de mettre les femmes rondes dans une case à part ? Tess ne détourne pas le regard. Dans le monde idéal, dit-elle, ces concours n'auraient pas de raison d'exister, la beauté devrait accueillir tous les corps sans distinction. Mais en attendant que les mentalités changent, elle préfère y participer plutôt que d'hésiter.

Après la perte d'un proche, son corps a changé du jour au lendemain, avec des kilos pris malgré elle. « C'est cette revanche-là qui me rend fière aujourd'hui », nous confie Tess.

Ce que ce concours lui a vraiment donné, c'est le culot d'oser. Avant, elle redoutait qu'on la juge prétentieuse rien qu'en se mettant en avant. Aujourd'hui, elle se décrit volontiers comme une Madame Tout-le-Monde, de celles qu'on croise mal réveillées devant l'école le matin, et qui montrent, malgré tout, que l'extraordinaire n'appartient à personne en particulier.

Son message à toutes les femmes qui se reconnaîtraient dans son histoire tient en une phrase : apprenez à être tolérantes avec vous-mêmes. Loin des injonctions du body positive à s'aimer coûte que coûte, elle préfère parler de tolérance, pour les bonheurs comme pour les fragilités. Et elle conclut, sans hésiter : "chaque femme mérite sa place."