Savoie : pourquoi il sera interdit de se baigner dans la Leysse jusqu'au printemps prochain

Savoie : pourquoi il sera interdit de se baigner dans la Leysse jusqu'au printemps prochain
Illustration - ©Cisalb

Une galerie souterraine vieille de 45 ans menace de s'effondrer sous la montagne de l'Épine. Pour la sauver, un chantier de 5,2 millions d'euros va détourner les eaux usées traitées de l'agglomération vers le lac du Bourget, via la Leysse, jusqu'au printemps prochain.

Impossible de se baigner dans la Leysse en aval de son embouchure avec le lac du Bourget, entre fin septembre et fin avril prochain. En cause : ce chantier destiné à sauver la galerie, qui sert normalement à envoyer les eaux usées traitées jusqu'au Rhône. Sa fermeture, programmée du 28 septembre 2026 au 30 avril 2027, oblige à trouver une solution de repli : le temps des travaux, ces eaux passeront par la Leysse avant de se jeter dans le lac.

Un risque d'effondrement à tout prix éviter

Le Cisalb, qui pilote l'opération, n'avait pas vraiment le choix. Une galerie qui céderait sous son propre poids entraînerait un rejet ininterrompu dans le lac, pendant des mois, sans aucun moyen d'y mettre fin rapidement — un scénario autrement plus dommageable, sur le plan sanitaire comme écologique, qu'un chantier maîtrisé. Encore fallait-il pouvoir travailler dans de bonnes conditions : une galerie humide et confinée n'offre pas la sécurité nécessaire aux équipes, d'où le choix de l'assécher entièrement.

Baignade interdite, aviron toujours possible

Sur le terrain, ce détour par la Leysse n'est pas neutre. Les bactéries devraient s'y concentrer davantage, de façon ponctuelle, à hauteur du rejet et à l'entrée du lac — la qualité chimique de l'eau, elle, n'en pâtira pas. Des détergents domestiques mal filtrés par les stations d'épuration pourraient aussi provoquer un peu de mousse en surface. Par précaution, mieux vaut donc éviter la baignade sur les plages municipales et au camping concernés, ne pas laisser un chien boire cette eau, et se laver les mains en cas de contact. L'aviron, en revanche, reste praticable, tout comme la baignade du côté de Charpignat.

Sur 650 mètres répartis en deux zones, une fois la descenderie qui y mène traitée, les équipes vont purger la roche instable, démolir et réaléser la galerie à son gabarit d'origine, puis y installer cintres métalliques, plaques de blindage, béton projeté, treillis soudés et drains. Le bureau Agoah supervise le chantier pour 250 000 euros HT ; l'entreprise Nouvetra, elle, en assure la réalisation pour plus de 5,16 millions d'euros, selon Le Dauphiné.