"Deux fenêtres sont tombées sur des élèves" : Mobilisation enseignante au lycée Louis Lachenal à Argonay

"Deux fenêtres sont tombées sur des élèves" : Mobilisation enseignante au lycée Louis Lachenal à Argonay

Alors que le mouvement lycéen se poursuit en France, certains lycées restent fermés en Haute-Savoie comme Louis Lachenal à Argonay. Les professeurs ont d'ailleurs manifesté ce lundi.

En soutien des lycées et étudiants, les enseignants de Louis Lachenal à Argonay ont tenu à se rassembler ce lundi 5 octobre. La semaine dernière, l'établissement avait été bloqué et un jeune avait été interpellé par les forces de l'ordre. Si les enseignants dénoncent cette violence, ils ne peuvent que soutenir le mouvement : "Tout ça c'est pour éduquer, les élèves demandent à pouvoir apprendre, d'avoir des conditions pour prendre soin de leur avenir", souligne Charles-Edouard Cardot, élu au conseil d'administration et professeur au lycée Louis Lachenal. 

Plusieurs pancartes ont été déposées sur lesquelles on pouvait lire : "Soutien aux élèves, pas aux casseurs", "Passoire thermique, l'argent passe par les fenêtres", ou encore "Marre de pisser dans un violon, on veut des WC". Parce qu'en effet, les enseignants ont aussi manifesté pour quémander plus de moyens de leur côté, une demande qui semble ne pas aboutir : "Ca fait plus de vingt ans que la Région (Auvergne-Rhône-Alpes) repousse les travaux de restructuration du lycée", déplore Jérémie Ducret, professeur de sciences-physique. Il ajoute que l'établissement a tenté à de multiples reprises d'interpeller la collectivité, sans réponse. 

"700 000 euros d'électricité pour atteindre 14 degrés"

Pourtant, la situation est grave. En passant à côté du lycée, on peut apercevoir des préfabriqués. Ces derniers sont habituellement déployés lors de travaux, mais pas ici : "Ils sont vieux et vétustes, on les empile. Ce sont quasiment les murs du lycée maintenant", rit jaune le professeur de sciences. Depuis cette rentrée scolaire, il manque toujours un enseignant de maths-physique et les classes sont surchargées, comme en italien où le groupe compte 34 élèves, bien trop selon le corps enseignant pour une langue.

Si les enseignants ont aussi évoqué les WC sur une pancarte, ce n'est pas juste pour une blague. Ces derniers sont en nombre insuffisants comme l'explique Jérémie Ducret: "C'est un ancien lycée essentiellement masculin, il est désormais ouvert à tous, les toilettes ne sont pas adaptées." Le nombre d'élèves en 30 ans est passé de 1200 à 1800 sans que la quantité de toilettes n'évolue. Parmi les autres problématiques, celle de l'isolation. Lors de la dernière canicule, la température grimpait jusqu'à 35 degrés en classe et l'hiver, c'est l'inverse : "On dépense 700 000 euros d'électricité pour chauffer le lycée pour atteindre difficilement 14 degrés." L'établissement scolaire est en effet l'un des deux derniers de l'académie à être chauffer uniquement à l'électricité. A cela s'ajoutent des fenêtres qui ne ferment plus, dont deux sont tombées sur des élèves, et des stores qui ne se baissent pas.

Ainsi, lycéens et enseignants sont main dans la main et défendent les mêmes besoins : "Plus de professeurs, des enseignants remplacés et mieux payés, ne pas avoir trop froid ni trop chaud, c'est exactement ce qu'on demande", ajoute Charles-Edouard Cardot.