[MISE À JOUR À 18H00]
À Chambéry, la journée a rapidement pris les traits d'un bras de fer. Dès le matin, les premières frictions devant le lycée Monge laissaient présager un après-midi instable. Réunis en centre-ville aux côtés de responsables syndicaux venus cadrer le cortège, les jeunes manifestants ont cherché à plusieurs reprises à déborder le tracé initial pour rejoindre des voies stratégiques, notamment la voie rapide urbaine. Face à ces tentatives d'incursion, les forces de l'ordre ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes pour maintenir le défilé sous contrôle.
Le retour de la foule devant le lycée Monge aura marqué l'ultime épisode de cette journée de tension. Dans une ambiance saturée de gaz, l'usage de nouvelles grenades lacrymogènes par la police a provoqué le malaise d'une lycéenne, scellant la dispersion progressive des manifestants. En fin d'après-midi, alors que le calme revenait peu à peu sur le parvis de l'établissement, la mobilisation chambérienne semblait cette fois bel et bien toucher à sa fin.
Du défilé au sitting : le coup de force lycéen à Annecy
Changement de décor à Annecy, où la journée s'est jouée sur le terrain d'une démonstration pacifique et ancrée. Après une matinée lourde d'attente, marquée par la fermeture préventive de cinq établissements majeurs Berthollet, Sommeiller, Fauré, Lachenal et Baudelaire, la rue a pris le relais dès 14 h 30. Parti de la préfecture pour rejoindre la gare en empruntant l'avenue de Brogny, un cortège compact de près de 3 000 personnes a paralysé le trafic et le réseau de transports Sibra.
Loin d'en rester là, la jeunesse annécienne a prolongé le mouvement en investissant l'avenue d'Albigny pour un sitting improvisé. micro en main, les lycéens s'y succèdent pour prendre la parole et structurer leur contestation, installant une dynamique qui s'annonce durable.
Une contestation en réseau
Ce malaise scolaire a également irrigué les vallées voisines. De Cluses à Thonon-les-Bains, en passant par Annemasse et Albertville, des piquets de grève et des barrages filtrants ont rythmé la matinée, souvent régulés par des enseignants soucieux d'éviter tout dérapage aux abords des grilles.
Alors que la préfecture de la Savoie maintient sa cellule de suivi de crise activée depuis l'aube, le regard se tourne désormais vers les intersyndicales (FSU, CGT, FO, SUD), appelées à décider des suites de ce rapport de force.






