Être sportif de haut niveau, un slalom aussi dans la vraie vie

Être sportif de haut niveau, un slalom aussi dans la vraie vie

Ce n'est pas forcément ce qu'on s'imagine quand on pense aux sportifs professionnels, mais la grande majorité vit en réalité dans des situations parfois précaires.

Le statut de sportif de haut-niveau dans les sports de glisse n'existe pas vraiment. En comparaison avec le football, le basket ou tout autre sport de cette envergure, les sportifs sont membres d'un club et rémunérés ainsi dans ce cadre. Mais ce statut n'existe pas administrativement parlant dans le monde de la neige, et les athlètes sont donc considérés comme des amateurs, sans aucune source de revenu. Certains peuvent tout de même être aidés par la Fédération Française de Ski ou d'autres organismes, mais les opportunités restent limitées.

"Les coûts de pratique sont énormes"

C'est dans ce cadre que la Fondation du Sport Français a organisé un "pacte dating" à Chambéry mi-octobre. Ce dernier visait à faire se rencontrer des entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec une trentaine de jeunes sportifs. Pendant sept minutes seulement, les deux camps se rencontrent, discutent, évoquent leurs projets respectifs pour voir si un lien peut se créer. Parmi les skieurs présents, Victor Muffat-Jeandet qui était là pour représenter la fondation du pacte performance dont il a lui-même bénéficié. Et il le souligne, c'est parfois un parcours du combattant pour devenir sportif de haut-niveau : "Les coûts de pratique sont énormes, la nutrition, la préparation mentale, l'entraînement personnalisé, ça représente plusieurs dizaines de milliers d'euros." Des sommes difficiles, voire impossibles à trouver pour de jeunes sportifs à peine majeurs pour certains, une embûche de plus selon le Savoyard : "La période la plus dure est celle de 18 à 25 ans. On a besoin de s'entraîner et performer, de poursuivre les études et en même temps on manque d'argent pour le faire. La stabilité financière a un impact." 

Autre sportive présente, cette fois à la recherche de partenariats, Mylène Ballet-Baz, athlète spécialisée dans le ski cross. Pour elle, ces rencontres sont essentielles : "J'espère rencontrer des acteurs de la Région qui peuvent m'aider à préparer les Jeux Olympiques 2030." Lors des derniers Jeux de Milan-Cortina, la Haut-Savoyarde avait terminé 15e lors des épreuves de ski-cross. L'an dernier, 635 pactes ont été signés entre des sportifs et des entreprises en France, de quoi pouvoir se préparer correctement alors que la saison de ski a démarré en Autriche ce week-end.