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Avalanches et JO 2030 : "Si ça tombe, ce sera la faute à un manque de prise de conscience"

Avalanches et JO 2030 : "Si ça tombe, ce sera la faute à un manque de prise de conscience"
Avalanches et JO 2030 : "Si ça tombe, ce sera la faute à un manque de prise de conscience"

Est-ce encore possible de sécuriser correctement nos Pays de Savoie face aux risques d'avalanche en vue des JO 2030 ?

Le week-end dernier, six personnes ont perdu la vie dans cinq avalanches différentes. A quatre ans désormais des Jeux Olympiques dans nos Pays de Savoie, l'inquiétude grimpe doucement au sein de l'Association pour l'information sur les risques d'avalanches urbaines et leur prévention (AIRAP). Du côté de son président, Jean-Claude Bourdais, l'Etat ne considère pas assez la situation. Alors que les premières règles pour lutter contre ces catastrophes naturelles, édictées par l'Etat lui-même en 2001, n'ont été signées qu'en 2015, elles sont aujourd'hui bien appliquées en Haute-Savoie et dans les Alpes-Maritimes. Mais du côté des Hautes-Alpes, de l'Isère et de la Savoie, c'est moins réjouissant.

Jean-Claude Bourdais considère qu'en l'état, il n'est pas possible de recevoir du public : "Il n'est pas pensable qu'on organise des Jeux Olympiques sans sécurité." Mais la sécurité ne pêche pas forcément sur les sites sportifs, mais plutôt aux alentours. Selon l'AIRAP, le plus gros risque concerne les communes où les spectateurs vont résider et où les avalanches pourraient être dramatiques. La dialogue, voilà la clef pour avancer comme le dit Jean-Claude Bourdais : "On ne cherche pas à stigmatiser les maires, on cherche à éviter qu'il y ait des morts." Des séminaires sont organisés régulièrement pour inciter les élus à prendre ce sujet au sérieux et à s'y intéresser de près.

"Il y a une culture du risque qui n'existe pas"

Sans être pessimiste, l'AIRAP admet que "même en s'y mettant maintenant, on est très dubitatif quant à l'idée d'offrir une sécurité" aux spectateurs. Et ce en raison du temps excessivement long demandé par les nombreuses recherches. Si la Haute-Savoie est un bon élève dans ce domaine, c'est surtout un département qui y a réfléchi pendant longtemps : "A Chamonix, il a fallu dix ans pour avoir un PPR efficace. L'installation des caméras a duré six ans pour repérer les bons endroits, installer les perches, les déplacer si besoin..." Le PPR, plan de prévention des risques majeurs prévisibles, demande effectivement beaucoup de moyens, pour l'analyse du terrain, la publication des recherches et l'information aux habitants. "Aujourd'hui, il y a une culture du risque qui n'existe pas", ajoute Jean-Claude Bourdais. Côté savoyard, le président de l'AIRAP rappelle que certaines communes ont un train de retard : "Tignes n'a pas encore de cartes d'avalanches, Val d'Isère a des cartes connues, mais pas officialisées. Ca fait quinze ans que c'est en route."

Le risque principal est donc qu'une avalanche se déclenche sur un site où la sécurité n'a pas été assez renforcé. Et Jean-Claude Bourdais l'assure, "si ça tombe, ça ne sera pas la faute à pas de chance, ce sera la faute à l'incurie que l'on voit dans ce manque de prise de conscience".