Après une reprise encourageante en début d’année, le marché immobilier a perdu de sa vigueur en Savoie et Haute-Savoie à partir du mois de mai.
Dans son bilan de l’été 2026, la Chambre FNAIM Savoie Mont Blanc attribue ce ralentissement aux incertitudes économiques et géopolitiques, à la hausse du prix des carburants et à la baisse du pouvoir d’achat. Les projets de transaction auraient ainsi été plus souvent reportés.
Un secteur tire cependant son épingle du jeu : la location touristique en montagne.
La montagne profite des épisodes de canicule
Selon les chiffres cités par la FNAIM, le taux d’occupation estival dans les massifs français a atteint 65,8%, en hausse de 2,5%.
Chez les hébergeurs professionnels, la progression atteindrait même entre 5 et 10% selon les destinations. À Avoriaz, elle est annoncée à +10% par rapport à 2025.
Les stations des grands domaines situées à plus de 1 500 mètres auraient davantage progressé, avec une fréquentation en hausse de 2,6%, contre 1,5% pour les stations dites de charme.
Les habitudes changent également. Thomas Arneodo, co-président de la commission location de vacances à la FNAIM, constate "une diminution des durées de séjour", tandis que les courts séjours représentent désormais un tiers des réservations.
Autre évolution : un tiers des réservations sont désormais effectuées moins de 30 jours avant l’arrivée.
La recherche de fraîcheur pendant les fortes chaleurs participe à cette évolution. La FNAIM relève même la venue de propriétaires lyonnais dans leurs résidences de Savoie et Haute-Savoie pour de courts séjours estivaux, phénomène désormais qualifié de "coolcation" par les professionnels du tourisme.
Les réservations d’hiver déjà en forte avance
Les stations peuvent également se montrer optimistes pour la saison hivernale.
En Savoie, Bérengère Servat, présidente adjointe de la Chambre FNAIM Savoie Mont Blanc, assure que "la prochaine saison est au très beau fixe".
En Haute-Savoie, les réservations sont annoncées en hausse de 25% par rapport à l’année dernière. "Les touristes réservent massivement entre Noël/Nouvel An et les vacances de février pour anticiper le possible manque de neige en dessous de 1 500 mètres d’altitude", explique Thomas Arneodo.
Les grands domaines bénéficieraient particulièrement de cette anticipation.
La location à l’année reste le "point noir"
Le constat est beaucoup moins favorable pour les habitants cherchant à louer leur résidence principale.
La FNAIM décrit la location longue durée comme le "point noir" du marché immobilier en Savoie Mont Blanc, en raison d’un manque persistant de logements disponibles.
Bérengère Servat observe que certains propriétaires choisissent désormais de vendre leurs biens plutôt que de les conserver sur le marché locatif. "Ces biens ne sont pas achetés par des investisseurs qui pourraient les remettre sur le marché de la location, mais par des futurs propriétaires occupants", explique-t-elle.
La FNAIM cite également les contraintes liées au diagnostic de performance énergétique et la fin de certains dispositifs de défiscalisation parmi les facteurs contribuant à réduire l’offre.
La situation reste particulièrement délicate en Haute-Savoie dans les secteurs frontaliers. Sébastien Cartier, président de la Chambre FNAIM Savoie Mont Blanc, constate une légère augmentation du nombre de logements disponibles depuis deux ans, mais estime que les travailleurs non frontaliers rémunérés en euros demeurent fortement pénalisés par le niveau de la demande.
Les prix résistent malgré le ralentissement des ventes
Sur le marché de la transaction, la FNAIM fait état d’une légère baisse d’activité depuis mai, de l’ordre de 1%, sans diminution significative des prix.
En Savoie, les délais de commercialisation s’allongent notamment dans le neuf. Ils peuvent désormais atteindre six à huit mois avant le démarrage des travaux, selon Bérengère Servat.
À la montagne, les petites surfaces continuent en revanche de trouver rapidement preneur, notamment à Tignes et Avoriaz, pour des budgets annoncés entre 150 000 et 220 000 euros.
Le très haut de gamme rencontre davantage de difficultés. À Méribel, des logements neufs affichés entre 22 000 et 40 000 euros le mètre carré resteraient disponibles, y compris dans certaines résidences déjà achevées.
En Haute-Savoie, la FNAIM observe toutefois une reprise des volumes de transactions, avec +5% sur douze mois glissants, tandis que les prix progresseraient dans les grands domaines.
La Chambre FNAIM se montre particulièrement préoccupée par la situation des ménages souhaitant réaliser leur premier achat immobilier. "Globalement sur notre territoire, les primo-accédants ont disparu", affirme Sébastien Cartier.
La profession estime que les difficultés de financement continuent de bloquer une partie des projets malgré les initiatives annoncées par certaines banques régionales.
Pour la FNAIM Savoie Mont Blanc, le marché des deux Savoie reste donc solide par ses prix et son attractivité, mais de plus en plus contrasté entre la vitalité touristique des stations et les difficultés croissantes rencontrées par les habitants pour se loger à l’année.






