Selon l'avocat général Christophe Dubois, l'accusé aurait cherché à fuir la réalité des faits qui lui sont reprochés, au vu de la peine encourue. Il a affirmé n'avoir « pas douté de la parole » des quatre parties civiles, saluant leur courage devant la cour.
Les faits se seraient déroulés lors d'une soirée au domicile de l'accusé et de son épouse, à Saint-Pierre-d'Albigny. Plusieurs adolescentes présentes ce soir-là avaient consommé de l'alcool et dormi sur place. Le viol par fellation aurait eu lieu cette nuit-là, dans la chambre des enfants.
Les avocats des parties civiles dénoncent un accusé qui « ment en permanence »
Me Olivier Connille, qui défend la belle-fille de l'accusé — âgée de sept ans au moment des faits —, a critiqué l'attitude de ce dernier durant l'audience, évoquant un homme qui aurait esquivé toutes les questions. Il a aussi pointé les conditions dans lesquelles la parole de l'enfant a été recueillie par les gendarmes, estimant que la mère de la fillette, elle-même partie civile et ex-épouse de l'accusé, avait pu influencer un temps son positionnement.
Cette dernière avait initialement porté plainte avant de la retirer au début de l'affaire. Son avocate, Me Elsa Beltrami, a reconnu qu'elle avait été « irresponsable », tout en demandant qu'elle ne soit pas jugée avec le recul du dossier.
Me Nathalie Olivier, qui représente deux autres adolescentes, a de son côté répondu à l'accusé, qui clamait son innocence à la barre : pour elle, les larmes versées par les victimes à l'audience n'ont rien de feintes.
La défense conteste la « libération de la parole »
L'accusé, âgé de 36 ans et en détention provisoire depuis près de trois ans, a maintenu ses dénégations face aux parties civiles durant son interrogatoire. Son avocat, Me Grégoire De Petiville, a plaidé en sens contraire du réquisitoire, rappelant qu'il n'existe « pas de présomption de victimité en France » et interrogeant la fiabilité des accusations.
La défense a notamment critiqué les conditions de l'audition filmée de la belle-fille de l'accusé, menée selon le protocole réservé aux jeunes victimes, évoquant des questions jugées trop fermées et un risque de suggestibilité.
La cour criminelle de la Savoie s'est retirée pour délibérer en fin de journée. Le verdict est attendu tard dans la soirée.






