Tout remonte à une soirée de novembre 2020, au domicile de l'homme et de son épouse, à Saint-Pierre-d'Albigny. Plusieurs adolescentes présentes ce soir-là avaient bu de l'alcool et dormi sur place. C'est cette nuit-là, dans la chambre des enfants, que le viol par fellation aurait été commis sur la belle-fille de l'accusé, alors âgée de sept ans.
Un accusé accusé de fuir ses responsabilités
Devant la cour, l'avocat général Christophe Dubois a estimé que l'accusé cherchait à échapper à la réalité des faits qui lui étaient reprochés, compte tenu de la peine encourue. Il a assuré n'avoir « pas douté de la parole » des quatre parties civiles, saluant leur courage.
Leurs avocats ont dénoncé un homme qui « ment en permanence ». Me Olivier Connille, qui défend la fillette, a critiqué son attitude durant l'audience, jugeant qu'il avait esquivé toutes les questions. Il a également pointé les conditions dans lesquelles la parole de l'enfant avait été recueillie par les gendarmes, estimant que sa mère — elle-même partie civile et ex-épouse de l'accusé — avait pu, un temps, influencer son positionnement. Cette dernière avait porté plainte avant de la retirer au début de l'affaire ; son avocate, Me Elsa Beltrami, a reconnu un comportement « irresponsable », tout en demandant qu'elle ne soit pas jugée avec le recul du dossier. Me Nathalie Olivier, qui représente deux autres adolescentes, a de son côté répondu aux dénégations de l'accusé en affirmant que les larmes versées par les victimes à l'audience n'avaient rien de feintes.
En détention provisoire depuis près de trois ans, l'accusé avait maintenu ses dénégations face aux parties civiles. Son avocat, Me Grégoire De Petiville, avait plaidé en sens contraire du réquisitoire, rappelant qu'il n'existe « pas de présomption de victimité en France » et interrogeant la fiabilité des accusations. La défense avait notamment critiqué les conditions de l'audition filmée de la belle-fille, menée selon le protocole réservé aux jeunes victimes, évoquant des questions jugées trop fermées et un risque de suggestibilité. Ces arguments n'ont pas convaincu la cour.






