Le bail du bâtiment s'arrêtait à l'origine en 2033. Mais le Département de Haute-Savoie en lien avec la Ville d'Annecy a annoncé un bail emphytéotique d'une vingtaine d'années supplémentaires. Inauguré à l'origine en 1963, ce site emblématique de la commune accueille une écloserie et une fosse à planctons. Il vise notamment à faire de l'élevage de poissons et plus précisément de la sélection génétique. En effet, aujourd'hui, c'est devenu nécessaire selon Yann Magniani, président de la Fédération de pêche de Haute-Savoie et de l'AAPPMA (association agréée pour la pêche et la protection des milieux aquatiques) du lac d'Annecy : "L'eau du lac est aujourd'hui trop chaude pour l'omble chevalier." En effet, ce "prince du lac", comme on l'appelle, peut se reproduire dans une eau à 6 degrés. Or, avec le réchauffement climatique, l'eau du lac est désormais au-dessus de ce niveau.
94% des ombles chevaliers nés en pisciculture
Même si ce procédé n'est donc pas naturel, Yann Magniani considère qu'il s'agit de la meilleure solution : "On s'est inséré de façon artificielle, mais indispensable, dans la reproduction. Une fois nés, les alevins (jeune poisson pas encore adulte) peuvent survivre dans le lac, ils sont moins sensibles à la température." Il n'y d'ailleurs pas que des ombles chevaliers au sein de la pisciculture puisqu'une autre association, Annecy Rivières, produit quant à elle des truites de souches méditerranéennes.
Ces travaux ont un coût total de 940 000 euros, portés en majeure partie par le Département de Haute-Savoie à 780 000 euros. Et avec cela, la collectivité avait une seule demande, le prolongement du bail pour une simple raison évoquée par Dominique Puthod, conseiller départemental de Haute-Savoie : "Il fallait s'assurer que la pisciculture reste une pisciculture pour que notre investissement ne serve pas, à terme, à autre chose." Aujourd'hui, selon Yann Magniani, 94% des ombles chevaliers présents dans le lac d'Annecy sont nés en pisciculture.






