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Partie en Syrie avec l’État islamique, une Savoyarde évite la prison ferme

Partie en Syrie avec l’État islamique, une Savoyarde évite la prison ferme

Rejugée à Paris pour avoir rejoint son mari au sein de l’organisation État islamique entre 2014 et 2016, une femme issue de la filière djihadiste d’Albertville a écopé d’une peine aménagée.

La cour d’assises spéciale de Paris a condamné jeudi une femme de 34 ans, originaire de la filière djihadiste d’Albertville, à 5 ans de prison, dont 18 mois assortis du sursis.

Cette peine n’entraînera toutefois pas de retour derrière les barreaux. Après plus de deux ans passés en détention provisoire, dont une partie sous bracelet électronique, la condamnée effectuera le reliquat de sa peine sous surveillance électronique.

Le parquet national antiterroriste avait requis une sanction proche, estimant que son comportement depuis son retour en France en 2023 ne révélait aucun signe de radicalisation persistante.

Au cœur du dossier : son départ en Syrie au printemps 2014 pour rejoindre son époux, engagé dans les rangs du groupe État islamique. Selon la défense, la jeune femme était alors sous l’emprise affective de son compagnon, qu’elle avait épousé religieusement un an plus tôt. "Elle a toléré l’intolérable", a plaidé son avocate, tout en soutenant qu’elle n’avait jamais adhéré à "l’idéologie mortifère" de l’organisation djihadiste.

L’accusation elle-même a reconnu l’absence d’implication opérationnelle de la trentenaire au sein de l’EI. Aucun rôle armé ni activité de propagande ne lui ont été attribués pendant son séjour en Syrie.

Après la mort de son mari en 2016, la jeune Savoyarde avait cherché à quitter les territoires contrôlés par l’organisation terroriste. Sa fuite à travers la Syrie s’était transformée en calvaire : selon les débats, elle aurait été violée par un passeur puis retenue plusieurs années par un chef rebelle syrien avant d’être retrouvée en Turquie.

Condamnée par défaut à vingt ans de réclusion en 2020, elle avait refusé dans un premier temps de rentrer en France, craignant une incarcération immédiate. Elle avait finalement été rapatriée en 2023.

Depuis sa remise en liberté sous contrôle, elle travaille et suit un accompagnement psychologique, des éléments pris en compte par la cour au moment du verdict.