L'engouement pour les sommets a fini par asphyxier le plus célèbre des parcours alpins. Réunis le 16 septembre 2026 à l'initiative de Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, et de François-Xavier Laffin, maire de Chamonix, l'ensemble des acteurs du Tour du Mont-Blanc ont tiré la sonnette d'alarme. Élus locaux, services de l'État, gendarmerie de haute montagne, hébergeurs et guides partagent tous le même constat : avec 90 000 trekkeurs par an, soit une hausse de près de 50 % depuis la crise sanitaire, le trek s’est transformé en un itinéraire surfréquenté, au détriment de l’environnement, de la sécurité et des conditions de travail locales.
Un parcours encadré et surveillé pour retrouver sa vraie valeur
Pour protéger le site sans fermer la montagne, une nouvelle charte de gestion a été adoptée à l'unanimité. Elle fixe des règles claires qui transformeront l'organisation du séjour. Les randonneurs devront désormais obligatoirement réserver chacune de leurs nuitées avant de prendre le départ, la capacité globale d'accueil étant désormais strictement alignée sur le nombre de places disponibles. Le bivouac sauvage sera quant à lui totalement interdit. À la place, les communes aménageront des aires spécifiques payantes, dotées d'un confort minimum comme un accès à l'eau potable et des sanitaires. Le transport de bagages fera lui aussi l'objet d'un encadrement strict en se limitant aux seuls sacs de trek à des horaires précis.
Afin de garantir le respect de ces mesures, une brigade verte arpentera les sentiers pour vérifier les réservations et veiller au comportement des usagers. En parallèle, les randonneurs pourront se procurer un livret référençant les acteurs labellisés, qui fonctionnera comme un passeport à faire tamponner à chaque étape, à l'image des chemins de Compostelle. Finalisée cet automne et signée avant la fin de l'année 2026, cette charte entrera en vigueur au printemps 2027. Les acteurs français espèrent désormais associer rapidement leurs homologues suisses et italiens afin d'étendre cette démarche de protection à l'échelle de tout le massif.






