[MISE À JOUR À 16H30]
• À Chambéry : Le cortège est revenu à son point de départ devant le lycée Monge. La police a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser la foule, provoquant le malaise d'une lycéenne. Un nouveau face-à-face est en cours.
• À Annecy : Après un défilé pacifiste en centre-ville, un sitting improvisé s'est installé avenue d'Albigny, où les lycéens prennent la parole. L'initiative semble partie pour durer.
La journée de ce mardi confirme la cristallisation du malaise dans les établissements secondaires de la région. Ce qui s'est ouvert il y a une semaine sous forme de débrayages spontanés s'est structuré en un front commun : lycéens, parents d'élèves et intersyndicales de l'éducation (FSU, CGT, FO, SUD) dénoncent de concert le manque de moyens humains, le surpeuplement des classes et la gestion sécuritaire des abords d'établissements.
Deux chefs-lieux, deux dynamiques
L'après-midi a mis en lumière deux réalités distinctes sur le terrain :
À Chambéry, un climat d'affrontement récurrent. Marquée dès le matin par des frictions devant le lycée Monge, la mobilisation s'est poursuivie en centre-ville dans une ambiance instable.
Malgré la présence de responsables syndicaux venus cadrer le mouvement, plusieurs tentatives de débordement vers des axes stratégiques, notamment la voie rapide urbaine, ont conduit la police à faire un usage répété de gaz lacrymogènes pour maintenir le cortège sur son tracé.
À Annecy, une démonstration de force canalisée. Après une matinée d'attente marquée par la fermeture préventive de plusieurs structures clés de la ville, le rassemblement de l'après-midi a réuni une foule dense. Après une matinée très calme aux abords des cinq établissements gardés portes closes depuis la fin de semaine dernière (Berthollet, Sommeiller, Fauré, Lachenal, Baudelaire), la contestation s'est déplacée sur le terrain revendicatif.
Parti vers 14 h 30 de la préfecture, le cortège annécien a réuni près de 3 000 participants selon les comptages syndicaux. Empruntant l'avenue de Brogny en direction de la gare, le défilé s'est déroulé de manière pacifique, provoquant néanmoins d'importantes neutralisations d'arrêts sur le réseau de transports en commun de la Sibra.
Un mécontentement diffus dans l'ensemble des bassins scolaires
Loin de se limiter aux préfectures, l'agitation a touché une multitude de communes environnantes. De la vallée de l'Arve aux portes du Genevois, des rassemblements filtrants et des piquets de grève ont émaillé la matinée à Albertville, Cluses, Thonon-les-Bains ou Annemasse. Dans plusieurs cas, des enseignants grévistes se sont interposés pour assurer un rôle de régulation et éviter tout dérapage aux abords des grilles.
Alors que la préfecture de la Savoie conserve son dispositif de suivi de crise activé depuis le matin, l'attention se porte désormais sur la suite que comptent donner les organisations syndicales à ce rapport de force.






