Visé par le coup de colère du maire de Thusy, Joël Mugnier, le directeur général d'Halpades assume le bilan financier de l'organisme, tout en recadrant le débat :
"Effectivement, le résultat annoncé est bien de 16 millions d'euros en 2025. On assume pleinement ce résultat qui témoigne d'une gestion rigoureuse et de la solidité financière de notre entreprise. Mais il faut rappeler qu'il n'y a pas de dividendes versés à des actionnaires. Notre capital est à 117 000 euros, ce qui est sans commune mesure avec des sociétés privées. Nous sommes un acteur d'intérêt général, contrôlé par l'État, la Cour régionale des comptes et l'Ancols."
Pour l'organisme, qui gère 20 000 logements et abrite 44 000 habitants en Haute-Savoie, cette réserve financière sert d'amortisseur. Sur 100 euros de loyer perçus, 40 euros remboursent les emprunts, 12 euros vont à l'entretien, 9 euros aux taxes et 17 euros au fonctionnement. Les 22 euros restants constituent l'autofinancement nécessaire pour construire près de 500 logements neufs par an – et même 989 agréments décrochés sur la seule année 2025.
Subventions publiques : un levier indispensable face aux prix du marché
Face aux réticences de certains élus à accorder des aides publiques à un organisme bénéficiaire, Stephen Martres remet les chiffres en perspective :
"Pour ces quatre programmes représentant 35 logements sociaux, j'investis plus de 6 millions d'euros. La participation communautaire représente 1 570 euros par logement, soit un peu moins de 1 % du coût total. Ces subventions ne financent pas nos bénéfices, elles permettent d'atteindre l'équilibre financier dans un département où le foncier et la construction coûtent excessivement cher, alors que nos loyers sont réglementés et plafonnés sous le contrôle de l'État."
Ces contributions locales traduisent l'engagement politique des collectivités pour loger les actifs, les jeunes ou les saisonniers, alors que les listes d'attente pour un logement social ne cessent de s'allonger en Savoie et Haute-Savoie.
Dialogue et pédagogie auprès des élus
Plutôt que d'alimenter la polémique avec les élus de l'intercommunalité, le patron d'Halpades préfère miser sur la pédagogie :
"S'ils veulent diminuer les aides, c'est leur choix politique, mais cela signifiera que nous produirons moins, car nous devrons mobiliser davantage de fonds propres. Je comprends l'interrogation de M. le maire de Thusy, mais il y a un besoin d'acculturation des nouveaux élus au modèle du logement social."
Pour dissiper les malentendus, Stephen Martres a déjà contacté la présidence de l'intercommunalité et la mairie de Thusy pour proposer une présentation détaillée du fonctionnement des bailleurs sociaux. Une démarche jugée essentielle pour préserver le rythme de construction dans l'agglomération de Rumilly.







