Genève : un espoir pour les malades du VIH

Genève : un espoir pour les malades du VIH

Un patient soigné aux HUG a reçu une greffe de moelle osseuse qui semble l’avoir mis sur la voie de la guérison.

Infecté au début des années 90, il suivait jusque-là un traitement antirétroviral. Traitement qui a été progressivement allégé et définitivement arrêté en novembre 2021. Ce patient genevois est considéré comme le 6eme au monde seulement à guérir du SIDA. Si le protocole suivi n’est pas applicable à tous les malades, il apporte des informations nouvelles au monde de la médecine.

Les explications des Hôpitaux Universitaires de Genève :

Aujourd’hui, dans le monde un total de cinq personnes (patients de Berlin, de Londres, de Düsseldorf, de New York et de City of Hope) sont considérées comme probablement guéries de l’infection par le VIH après avoir reçu une greffe de moelle. Dans tous ces cas, la greffe était issue d’un donneur portant la rare mutation génétique CCR5 delta 32, connue pour rendre les cellules naturellement résistantes au VIH.
La particularité du patient suivi aux HUG, dont le cas est étudié en collaboration avec l’Institut Pasteur, l’Institut Cochin et le consortium IciStem, réside dans le fait que la greffe est issue d’un donneur non porteur de la fameuse mutation CCR5 delta 32. Ainsi, contrairement aux cellules des autres personnes considérées guéries, les cellules de cette personne ne sont pas résistantes au VIH. Pourtant, malgré cela, le virus reste indétectable 20 mois après l’interruption du traitement antirétroviral. Ces résultats seront exposés lors d’une présentation orale le 24 juillet à Brisbane (Australie).
Le patient vit avec le VIH depuis le début des années 1990 et a toujours suivi un traitement antirétroviral. En 2018, pour traiter une forme particulièrement agressive de leucémie, il a été soumis à une greffe de cellules souches. Un mois après la greffe, les tests ont montré que les cellules sanguines du patient avaient été entièrement remplacées par les cellules du donneur. Ces résultats ont été accompagnés par une diminution drastique des cellules portant le VIH. Le traitement antirétroviral a été progressivement allégé et définitivement arrêté en novembre2021.

Les analyses réalisées depuis l’arrêt du traitement n’ont détecté ni particules virales, ni réservoir viral activable, ni augmentation des réponses immunitaires contre le virus dans l’organisme du patient. Ces preuves n’excluent pas que le virus persiste encore dans l’organisme, mais elles permettent à l’équipe scientifique de considérer le cas de ce patient comme un cas de rémission de l’infection par le VIH.

« Ce qui m’arrive est magnifique, magique, nous sommes tournés vers l’avenir », précise le patient.

« Bien que ce protocole ne soit pas transposable à large échelle à cause de son agressivité, ce nouveau cas apporte des éléments inattendus sur les mécanismes d’élimination et de contrôle des réservoirs viraux, qui seront importants pour l’élaboration de traitements curatifs du VIH », explique Asier Sáez-Cirión, responsable de l’unité Réservoirs viraux et contrôle immunitaire à l’Institut Pasteur.

« Nous explorons avec cette situation singulière des voies nouvelles dans l’espoir que la rémission, voire la guérison du VIH ne soit plus un événement exceptionnel » ajoute Alexandra Calmy, responsable de l’unité VIH/SIDA aux HUG.


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