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Ivre, elle parcourt 10 km à contresens sur l'A40 : elle échappe de justesse au drame, pas à la justice

Ivre, elle parcourt 10 km à contresens sur l'A40 : elle échappe de justesse au drame, pas à la justice
DR PMO Bonneville

Pendant près de dix kilomètres sur l’A40, une sexagénaire a roulé à contresens en direction de Chamonix, frôlant plusieurs collisions. Aucun mort ni blessé grave, mais les gendarmes parlent d’un “véritable miracle”.

La scène s’est déroulée le 11 février à la mi-journée sur l’autoroute A40, à hauteur de la sortie n°15 Vallée Verte, en direction de Chamonix. À 13h05, les lignes du centre opérationnel de la gendarmerie et du PC sécurité trafic d’ATMB étaient saturées : des dizaines d’automobilistes signalaient un véhicule circulant à contresens.

Selon la gendarmerie de Haute-Savoie, un témoin affirmait avoir tenté d’empêcher l’insertion du véhicule en effectuant des appels de phares puis en essayant de s’interposer avec sa propre voiture, sans succès. Face au danger, les dispositifs d’alerte étaient immédiatement activés : messages sur les panneaux lumineux de l’autoroute et diffusion d’informations sur Radio 107.7. Le peloton motorisé de Bonneville était engagé pour localiser la voiture.

Durant près de dix kilomètres, la conductrice roulait à contresens, évitée de justesse par des véhicules légers, des poids lourds et même un autocar. Un premier choc avait lieu avec un autre véhicule. Un second automobiliste, contraint à une manœuvre d’urgence, terminait sa course dans les glissières de sécurité. Aucun blessé n’est à déplorer, un constat que les enquêteurs qualifieront plus tard de "véritable miracle".

La voiture franchissait ensuite la barrière de péage de Saint-Pierre-en-Faucigny, toujours à contresens, avant de poursuivre sur la D1203 vers La Roche-sur-Foron. Là encore, plusieurs usagers signalaient la conduite dangereuse. Deux automobilistes parvenaient finalement à immobiliser le véhicule et à contraindre la conductrice à s’arrêter, avant l’arrivée des militaires de la brigade territoriale et du peloton motorisé de Bonneville.

Refus de contrôle et violences envers les gendarmes

La conductrice, âgée d’une soixantaine d’années, présentait selon les gendarmes "tous les signes d’un état d’ivresse avancé". Malgré les dégâts visibles sur son véhicule, elle refusait de se soumettre aux vérifications relatives à l’alcoolémie et aux stupéfiants. Placée en garde à vue, elle adoptait un comportement agressif lors de son accompagnement pour un examen médical, allant jusqu’à outrager et frapper les militaires.

Afin de reconstituer précisément son parcours et d’identifier d’éventuelles autres victimes, le parquet de Bonneville autorisait la diffusion d’un appel à témoins. Plus d’une trentaine de personnes se sont manifestés via un numéro vert.

Déférée devant le tribunal judiciaire de Bonneville, la mise en cause a fait l’objet de réquisitions jugées exemplaires par le parquet : huit mois de prison avec sursis, deux ans de mise à l’épreuve, annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant six mois, obligation d’équiper son véhicule d’un éthylotest antidémarrage, suivi de soins et stage de sécurité routière. S’y ajoutent une amende de 250 euros et l’indemnisation des victimes constituées parties civiles.

Le tribunal a suivi l’intégralité des réquisitions du procureur.