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Alpes : la LPO veut poursuivre le combat après le moratoire sur le lagopède

Alpes : la LPO veut poursuivre le combat après le moratoire sur le lagopède

Au début du mois de mars, le Conseil d’État a demandé au gouvernement de suspendre la chasse au lagopède pendant les cinq prochaines années. Une bonne nouvelle pour les associations, qui souhaitent toutefois poursuivre leur combat.

Egalement perdrix des neiges, cet oiseau vit entre 1500 mètres et 3000 mètres d'altitude dans les Deux Savoie et en Isère. Depuis le milieu du 20e siècle, sa population a drastiquement chuté et son territoire s'est réduit. "Il a disparu dans près d'un tiers des communes dans lesquelles il était présent, indique Marie-Paule de Thiersant, secrétaire générale de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).Par exemple, il a complètement disparu du massif de la chartreuse."

Pour quelles raisons ?

Plusieurs facteurs expliquent cette diminution des effectifs. « Le premier est le changement climatique. C’est une espèce que l’on qualifie de glaciaire, donc qui vit à haute altitude. Avec l’augmentation des températures, le lagopède monte également en altitude, explique Marie-Paule de Thiersant. L’hiver, il creuse des igloos pour se protéger du froid et ainsi passer la saison sans fournir trop d’efforts. »

L’autre raison est plus directement liée à l’Homme. « L’autre menace est la fréquentation en montagne, estime-t-elle. Il y a de plus en plus de randonneurs, de promeneurs et de VTTistes l’été, ainsi que de skieurs ou de personnes en raquettes l’hiver, qui peuvent perturber le lagopède. Cela engendre du stress pour cet animal. »

Marie-Paule de Thiersant pointe également la proximité des stations de ski de haute altitude avec l’habitat de l’animal. « Il faut travailler avec elles pour que les zones où le lagopède passe l’hiver soient protégées et exclues des domaines skiables. »

Aller plus loin que le moratoire

Cette décision du Conseil d’État va permettre aux lagopèdes de vivre plus sereinement, en pouvant se déplacer plus facilement, même si cet animal sait parfaitement se camoufler en adaptant son pelage à son environnement.

Mais pour les associations qui ont saisi la plus haute juridiction française, dont la LPO, il faut poursuivre le combat. « Il faut passer d’une espèce gibier à une espèce protégée, ainsi que pour trois autres espèces comme le tétra lyre, explique Marie-Paule de Thiersant. Elles doivent être inscrites sur la liste des espèces protégées en France. Elles figurent déjà sur la liste rouge, ce qui signifie qu’elles sont en mauvais état de conservation. »